Bonjour ! Je place sur mon blog un aperçu de ce que donne mon article de dictionnaire sur bordée. Évidemment, la mise en page ne correspond pas à celle de mon article final, mais l'essentiel y est !
BORDÉE [bORdé] n. f.
♦ 1. Chute de neige abondante qui tombe en une seule fois. Bordée de neige. À la première bordée, une grosse bordée, une grande bordée. Vieilli Bordée de la mi-carême, bordée de la Sainte-Catherine, bordée de Saint-Joseph, bordée des Avents : chute de neige qui se produit pendant ces fêtes annuelles. Vieilli Bordée de sucre (ou des sucres) : neige épaisse et mouilleuse qui tombe pendant la saison des sucres alors que la température printanière favorise la coulée des érables. Vieilli Bordée des corneilles : dernière chute de neige ou dernière tempête de l’hiver, à la mi-mars, alors que les corneilles sont déjà revenues. Remarques. 1. Bordée est peu usité chez les jeunes. 2. Ce mot peut aussi avoir le sens de tempête de neige.
Je veux bien que mes élèves disent poudrerie pour désigner une tempête de neige; ou bordée de neige, bien que bordée soit un terme de marine; […]. 1960, J.-P. Desbiens, Les insolences du Frère Untel, p. 31.
Alors qu'il venait de tomber une bonne bordée et qu'on en annonçait une autre pour le lendemain, elle pelletait comme si son avenir en dépendait. 1993, L.-G. Lemieux, Le Soleil, 10 mars, tel que cité dans Un amour de ville: une chronique de Québec, 1994, p. 33.
Mon oncle racontait que chaque bordée de neige était suivie par le passage du rouleau. Nous, on n'y comprenait rien, un rouleau, on en avait bien vu en ville lorsque l'on réparait l'asphalte des rues. 2000, P. E. Jean, En face de la boulangerie: une enfance heureuse à Québec dans les années quarante, p. 22.
« On voit un système météo qui devrait nous apporter un peu de neige, vendredi », prédit André Cantin, qui ne s'attend toutefois pas à une grosse bordée, « cinq à dix centimètres » tout au plus. 2007, C. Jobin-Gagnon, Le Journal de Québec, 31 janvier, p. 8.
Dame Nature réserve tout un cocktail aux amoureux pour la Saint-Valentin, une bordée de neige de près de 30 cm. Avec cette tempête, plusieurs choisiront probablement de laisser tomber le restaurant et de passer la soirée sous les couvertures. 2007, Le Journal de Québec, 14 février, p. 8.
◊ (Par anal.). Bordée d’hiver. ◊ (Par ext.). Bordée de froid. ◊ (Par métaph.). Cracher une bordée de neige. « Un midi, donc, Onésime-Isaac Gélinas ressoud chez le forgeron. [...] La radio crachait une bordée de neige. » (F. Pellerin, Dans mon village, il y a belle Lurette... Contes de village, 2001, p. 27-28).
♦ 2. Loc. fig. Vieilli Une bordée de : grande quantité de (paroles agressives, etc.). Bordée d’injures, de menaces, de jurons, de sacres, de bêtises. Lâcher sa bordée, une bordée. Remarque. Par analogie avec la décharge simultanée de tous les canons du même bord d’un navire.
Elle lui avait lancé une bordée d'injures et de menaces. 1918, A. Laberge, La Scouine, p. 8-9.
Il se mit à composer les numéros obtenus. Mais après une quatrième bordée d'injures, il s'arrêta, perplexe. 1989, Y. Beauchemin, Juliette Pomerleau, p. 22.
◊ Fig. Bordée de sons.
■ HIST. 1. Du mot bord, d’origine germanique (1546, v. FEW 1968, bord, p. 181). Dans le vocabulaire maritime, bordée désigne la distance parcourue par un navire qui louvoie entre deux changements de cap. Courir une bordée, la bordée. 2. La locution une bordée d’injures est attestée en français de France avant 1755 (v. TLFI, FEW et Trévoux 1743-1771). L’expression tirer une bordée (« aller de cabaret en cabaret pour y avoir du plaisir ») est recensée en 1833 (v. TLFI et PRobert 2009). Le mot bordée est attesté dans le parler de la Saintonge dans le sens de « grande quantité » (bordée de grêle, bordée de pluie) (v. FEW, GDT et GPFC, p. 134). Bordée au sens d’« une quantité de travail faite en une seule fois » est aussi attesté dans les dialectes du Berry et du Nivernais (GPFC).
dimanche 8 novembre 2009
lundi 26 octobre 2009
J'ai maintenant fait le tour des dictionnaires que je souhaitais consulter pour valider les sens que j'avais trouvés. À ma liste précédente, j'ajoute le DUF, les dictionnaires de Trévoux, de Furetière, de Lionel Meney, de Lorenzo Proteau, d'Yves Cormier, de Louis-Edmond Hamelin (belle découverte !), de Clapin, de Bélisle, de Bergeron, de Dunn et de Dionne ainsi que le Littré, le DHFQ, le DQA, le GPFAC, le DFQ, le Dictionnaire du français contemporain, Le dictionnaire de notre temps de Hachette, le DFQ et le DFP. Voilà !! Je vais maintenant commencer à rédiger une ébauche de définition.
samedi 24 octobre 2009
Bordée
Mes recherches en lien avec le mot bordée me font faire des découvertes intéressantes ! J'ai terminé d'observer avec intérêt les citations du fichier lexical et j'ai déjà pu déterminer plusieurs sens dont un qui est employé couramment au Québec : la bordée de neige ! J'ai découvert que ce mot semble avoir deux sens, selon le contexte dans lequel il est employé : parfois, il veut dire chute de neige abondante qui tombe en une seule fois (selon le GDT), parfois il a plutôt le sens de tempête de neige. Cette distinction ne se trouve pas dans les dictionnaires que j'ai consultés jusqu'à maintenant (GDT, PR 2009, toutes les éditions du DAF en ligne, le Dictionaire critique de la langue française de Féraud, le TLFI et la Base de données linguistiques panfrancophones de données), mais je trouve important de la conserver pour l'instant. Je verrai plus tard si celle-ci s'avère pertinente. Un autre sens important est celui qui se rapporte à la bordée de : bordée d'injures, bordée de sons, par exemple (sens de grande quantité de).
Tous ces ouvrages présentent en premier lieu les sens reliés au domaine de la marine : la bordée qui veut dire le chemin parcouru par un navire entre deux changements de cap ou par extension, la distance parcourue à pied. Je n'ai pas trouvé d'occurrences pour bordée dans le sens de salve d'artillerie ou bordée signifiant partie de l'équipage d'un navire.
J'ai aussi trouvé un sens que je ne soupçonnais pas du tout : bordée dans le sens de débauche qui se prolonge (Épuisé par sa petite bordée d'hier, etc.) !
À suivre !
Tous ces ouvrages présentent en premier lieu les sens reliés au domaine de la marine : la bordée qui veut dire le chemin parcouru par un navire entre deux changements de cap ou par extension, la distance parcourue à pied. Je n'ai pas trouvé d'occurrences pour bordée dans le sens de salve d'artillerie ou bordée signifiant partie de l'équipage d'un navire.
J'ai aussi trouvé un sens que je ne soupçonnais pas du tout : bordée dans le sens de débauche qui se prolonge (Épuisé par sa petite bordée d'hier, etc.) !
À suivre !
mardi 6 octobre 2009
Au cours de cette étude comparative, nous avons pu observer qu’il existe certaines différences entre les sens présentés dans chacun des trois dictionnaires que nous avons analysés. Certains sens sont disparus ou ne sont plus dans l’usage courant, d’autres sont apparus au fil du temps ou ont été modifiés. Nos observations nous ont aussi amené à constater que l’on avait mythifié l’homme et la femme dans les différentes entrées analysées. Celles du mot femme peuvent même être sujettes à controverse. Est-ce nécessaire de présenter la femme selon des critères physiques ou émotifs, étant donné que l’homme, lui, ne subit pas ce même traitement ? On pourrait alors parler de sexisme à l’intérieur d’une entrée dictionnairique... Certes, depuis la parution du DAF, en 1835, la conception de la femme a nettement évolué. Elle est passée d’un prolongement de l’homme à une personne à part entière, libre de faire des choix. Mais force est de constater que l’image de la femme est encore figée dans des stéréotypes douteux. Il reste encore du chemin à parcourir avant d’en arriver à une vision réellement égalitaire de la femme vis-à-vis de celle de l’homme...
vendredi 25 septembre 2009
Dans le cadre de l'étude comparative avec les dictionnaires français à faire cette semaine, j'ai décidé d'utiliser le Dictionnaire de l'Académie française, 6e édition, 1832-1835, comme outil de comparaison ancien.
Vous pouvez accéder à la définition du mot homme dans ce dictionnaire à l'adresse suivante : http://portail.atilf.fr/cgi-bin/dico1look.pl?strippedhw=homme&headword=&docyear=ALL&dicoid=ACAD1835&articletype=1
Et au mot femme à la suivante : http://portail.atilf.fr/cgi-bin/dico1look.pl?strippedhw=femme&headword=&docyear=ALL&dicoid=ACAD1835&articletype=1
Comme dictionnaire actuel, j'utilise le Dictionnaire Universel Francophone, des Éditions Hachette, publié en 1997.
Le tout sera comparé avec le Petit Robert 2009, version électronique.
Vous pouvez accéder à la définition du mot homme dans ce dictionnaire à l'adresse suivante : http://portail.atilf.fr/cgi-bin/dico1look.pl?strippedhw=homme&headword=&docyear=ALL&dicoid=ACAD1835&articletype=1
Et au mot femme à la suivante : http://portail.atilf.fr/cgi-bin/dico1look.pl?strippedhw=femme&headword=&docyear=ALL&dicoid=ACAD1835&articletype=1
Comme dictionnaire actuel, j'utilise le Dictionnaire Universel Francophone, des Éditions Hachette, publié en 1997.
Le tout sera comparé avec le Petit Robert 2009, version électronique.
dimanche 20 septembre 2009
Vous pouvez accéder à l'original du deuxième résumé en cliquant sur le lien suivant : http://did100-fle.googlegroups.com/web/SéminaireTP1-RésuméAnne-Ãmilie.docx?gda=lhxhO2kAAAA8S8s8SDQ3SbNPRK0Uka-S-PGarhr2pMwLEyJ2rVDv2pbj3-tlQPsLJHuf_wRR8hZ_D19stfLzGoFJuLUmGQISLYKTh6htlsLedU8ECyuIKnSAK9rg6_iPeaSXDyFNZwSECKgQbmraGdxlZulaYnsh
Résumé de l’article de Jean Pruvost « "Nouvelle-France", "Canada", "Québec" : parcours lexicographique du Grand Siècle au siècle des philosophes », tiré de l’ouvrage Les dictionnaires de la langue française au Québec, Les Presses de l’Université de Montréal, 2008, p. 161 à 198.
L’utilisation des mots « Canada », « Nouvelle-France » (dont la graphie varia quelque peu au fil du temps) et « Québec » dans les différents articles des dictionnaires français marquants nous permet de constater l’évolution des représentations françaises à propos du Canada. C’est le parcours lexicographique de ces mots que présente Pruvost dans cet article : celui-ci nous fait découvrir les attestations de ces trois mots-clés à l’intérieur des dictionnaires français du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, soit jusqu’aux années de la parution de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1751 à 1772).
Avant le XVIIe siècle, la Nouvelle-France n’existe pas encore; il ne peut donc en être question dans les ouvrages français. On peut cependant lire une description de ce qu’est un « sauvage » dans les Epithètes françoises de Maurice De La Porte (1571); une opposition très nette entre la glorieuse France civilisée et le Sauvage barbare se dessine déjà. C’est au XVIIe siècle que l’on voit apparaître les premières mentions des mots « Canada » et « Nouvelle-France ». Alors que le Dictionnaire françois de Richelet (1680) ne fait aucune mention de ces mots-clés, le Diction-(n)aire universel de Furetière (1690) donne une place certaine au nouveau Monde, à l’Amérique et au Canada à l’intérieur de quelques articles (p. 167). Mais c’est dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie françoise, parue en 1694, que la première attestation officielle du mot « Canada » est relevée (quatre occurrences de ce mot sont présentes dans cet ouvrage). Il est aussi question pour la première fois dans un dictionnaire de la « nouvelle France », dans l’article consacré au castor.
En 1718, le Dictionnaire comique, satyrique, critique, burlesque, libre et proverbial de Leroux met en scène l’ « Iroquois ». Le Grand Dictionnaire géographique historique et critique permettra pour sa part aux lecteurs français de découvrir l’Amérique: dans cet ouvrage de La Martinière, le Nouveau Monde est présenté à l’aide des premières cartes et d’un « listage des régions et peuples qui le composent » (p. 171). C’est dans le Dictionnaire universel françois et latin ou Dictionnaire de Trévoux, publié en 1732, que le mot « Québec » apparaît pour la première fois, dans la définition d’habitation. Ce dictionnaire aura également pour mérite de présenter la première latinisation des mots décrivant la vie en Nouvelle-France (p. 175). Le caribou, par exemple, est traduit par la forme savante « Cervus Canadensis ». Un long article est aussi consacré à l’Iroquois. On constate donc que les dictionnaires du XVIIIe siècle accordent une place de plus en plus importante à la Nouvelle-France.
La période allant de 1751 à 1772 sera particulièrement riche en attestations pour les trois mots-clés qui nous intéressent. En effet, c’est l’époque de la parution de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, qui constitue « l’oeuvre majeure du XVIIIe siècle » (p. 178). À l’intérieur de cet ouvrage de taille se retrouveront 90 occurrences de la Nouvelle-France, 190 pour le Canada et 9 pour Québec (p. 178-179). On retrouvera dans un article quelques informations historiques précises sur la ville de Québec. Pour ce qui est des mots « Canada » et « Nouvelle-France », ils sont présentés dans l’Encyclopédie comme une même entité politique. Se retrouve aussi dans cet ouvrage un article sur les « sauvages », qui contribuera à les présenter sous un autre jour : ceux-ci sont des êtres intelligents, bien qu’ils aient encore nombre de défauts. On constate que les encyclopédistes ne s’intéressent pas à la situation politique qui prévaut en Nouvelle-France : ils s’intéressent plus au climat et aux peuples qu’à la rivalité Français/Anglais. Les références faites à la Nouvelle-France, au Canada et au Québec dans l’Encyclopédie peuvent être regroupées en 13 thèmes (p. 182):
1. Les considérations géographiques;
2. Les noms de peuples et de peuplades;
3. Les « sauvages »;
4. La nature;
5. Le climat;
6. La religion;
7. Les traditions;
8. Les animaux;
9. Les plantes;
10. Les produits alimentaires;
11. Les produits médicaux;
12. Le commerce;
13. Les transports.
Mentionnons que plus de 20 occurrences de la nouvelle France se retrouvent dans le premier thème, les considérations géographiques, et que moins de dix mentions de ce mot se retrouvent dans le thème des peuples (p. 183-184). Plusieurs occurrences de la ville de Québec se retrouvent dans le thème de la religion.
Pruvost conclut cet article en mentionnant que le Diction(n)aire critique de la langue française de l’abbé Féraud, paru en 1787, présente quelques ajouts intéressants à propos des nouvelles réalités découvertes en Nouvelle-France, et que c’est seulement au cours de la première moitié du XIXe siècle que des commentaires politiques seront présents dans les articles consacrés au Canada, comme on peut le constater en étudiant le dictionnaire plutôt « édulcoré pour les dames et les jeunes personnes » de W. Duckett, paru en 1841 (p. 197).
L’utilisation des mots « Canada », « Nouvelle-France » (dont la graphie varia quelque peu au fil du temps) et « Québec » dans les différents articles des dictionnaires français marquants nous permet de constater l’évolution des représentations françaises à propos du Canada. C’est le parcours lexicographique de ces mots que présente Pruvost dans cet article : celui-ci nous fait découvrir les attestations de ces trois mots-clés à l’intérieur des dictionnaires français du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, soit jusqu’aux années de la parution de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1751 à 1772).
Avant le XVIIe siècle, la Nouvelle-France n’existe pas encore; il ne peut donc en être question dans les ouvrages français. On peut cependant lire une description de ce qu’est un « sauvage » dans les Epithètes françoises de Maurice De La Porte (1571); une opposition très nette entre la glorieuse France civilisée et le Sauvage barbare se dessine déjà. C’est au XVIIe siècle que l’on voit apparaître les premières mentions des mots « Canada » et « Nouvelle-France ». Alors que le Dictionnaire françois de Richelet (1680) ne fait aucune mention de ces mots-clés, le Diction-(n)aire universel de Furetière (1690) donne une place certaine au nouveau Monde, à l’Amérique et au Canada à l’intérieur de quelques articles (p. 167). Mais c’est dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie françoise, parue en 1694, que la première attestation officielle du mot « Canada » est relevée (quatre occurrences de ce mot sont présentes dans cet ouvrage). Il est aussi question pour la première fois dans un dictionnaire de la « nouvelle France », dans l’article consacré au castor.
En 1718, le Dictionnaire comique, satyrique, critique, burlesque, libre et proverbial de Leroux met en scène l’ « Iroquois ». Le Grand Dictionnaire géographique historique et critique permettra pour sa part aux lecteurs français de découvrir l’Amérique: dans cet ouvrage de La Martinière, le Nouveau Monde est présenté à l’aide des premières cartes et d’un « listage des régions et peuples qui le composent » (p. 171). C’est dans le Dictionnaire universel françois et latin ou Dictionnaire de Trévoux, publié en 1732, que le mot « Québec » apparaît pour la première fois, dans la définition d’habitation. Ce dictionnaire aura également pour mérite de présenter la première latinisation des mots décrivant la vie en Nouvelle-France (p. 175). Le caribou, par exemple, est traduit par la forme savante « Cervus Canadensis ». Un long article est aussi consacré à l’Iroquois. On constate donc que les dictionnaires du XVIIIe siècle accordent une place de plus en plus importante à la Nouvelle-France.
La période allant de 1751 à 1772 sera particulièrement riche en attestations pour les trois mots-clés qui nous intéressent. En effet, c’est l’époque de la parution de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, qui constitue « l’oeuvre majeure du XVIIIe siècle » (p. 178). À l’intérieur de cet ouvrage de taille se retrouveront 90 occurrences de la Nouvelle-France, 190 pour le Canada et 9 pour Québec (p. 178-179). On retrouvera dans un article quelques informations historiques précises sur la ville de Québec. Pour ce qui est des mots « Canada » et « Nouvelle-France », ils sont présentés dans l’Encyclopédie comme une même entité politique. Se retrouve aussi dans cet ouvrage un article sur les « sauvages », qui contribuera à les présenter sous un autre jour : ceux-ci sont des êtres intelligents, bien qu’ils aient encore nombre de défauts. On constate que les encyclopédistes ne s’intéressent pas à la situation politique qui prévaut en Nouvelle-France : ils s’intéressent plus au climat et aux peuples qu’à la rivalité Français/Anglais. Les références faites à la Nouvelle-France, au Canada et au Québec dans l’Encyclopédie peuvent être regroupées en 13 thèmes (p. 182):
1. Les considérations géographiques;
2. Les noms de peuples et de peuplades;
3. Les « sauvages »;
4. La nature;
5. Le climat;
6. La religion;
7. Les traditions;
8. Les animaux;
9. Les plantes;
10. Les produits alimentaires;
11. Les produits médicaux;
12. Le commerce;
13. Les transports.
Mentionnons que plus de 20 occurrences de la nouvelle France se retrouvent dans le premier thème, les considérations géographiques, et que moins de dix mentions de ce mot se retrouvent dans le thème des peuples (p. 183-184). Plusieurs occurrences de la ville de Québec se retrouvent dans le thème de la religion.
Pruvost conclut cet article en mentionnant que le Diction(n)aire critique de la langue française de l’abbé Féraud, paru en 1787, présente quelques ajouts intéressants à propos des nouvelles réalités découvertes en Nouvelle-France, et que c’est seulement au cours de la première moitié du XIXe siècle que des commentaires politiques seront présents dans les articles consacrés au Canada, comme on peut le constater en étudiant le dictionnaire plutôt « édulcoré pour les dames et les jeunes personnes » de W. Duckett, paru en 1841 (p. 197).
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